Léonard de Vinci est-il vraiment enterré ici ?

Ce qui s'est réellement passé
Léonard de Vinci est mort au Clos Lucé, à cinq cents mètres de ma rue, le 2 mai 1519. Son testament demandait à être enterré dans l'église collégiale Saint-Florentin, qui se trouvait à l'intérieur des murs du château. Il y fut inhumé, et pendant deux siècles et demi, ce fut tout.
Puis les guerres de Religion endommagèrent l'église, la Révolution acheva le travail, et au début du XIXe siècle, l'ensemble de la structure fut démoli avec une grande partie du château — la démolition décrite sur la page d'histoire. Les tombes disparurent avec elle. Des ossements de plusieurs sépultures se retrouvèrent mélangés dans les décombres du site.
L'identification de 1863
En 1863, l'écrivain Arsène Houssaye fouilla ces décombres et en sortit un squelette qu'il déclara être celui de Léonard. Son raisonnement : la taille du crâne, la position des restes par rapport à l'emplacement de l'église, et quelques fragments de pierre portant des lettres qu'il interpréta comme des parties du nom « LEO DUS VINC ». C'est tout. Il n'y eut aucune comparaison avec un parent connu, aucune datation, rien qui compterait comme preuve dans un laboratoire moderne.
Les restes furent placés dans la chapelle Saint-Hubert en 1874, et la dalle commémorative que vous voyez aujourd'hui fut recoupée en 1930. La chapelle elle-même est présentée sur sa propre page.
Pourquoi personne ne les a testés
La solution moderne évidente serait l'ADN. Des chercheurs travaillent depuis des années à retracer les descendants vivants des demi-frères de Léonard, et une comparaison réglerait la question en un après-midi. Les ossements n'ont pas été ouverts pour cela. Le château est une propriété privée — voir qui possède le château — et un résultat négatif détruirait l'une des tombes les plus visitées de France. Je ne pense pas que quiconque soit pressé.
Ce que je dis aux visiteurs devant la dalle
Que ceci est un mémorial et probablement une tombe, que le « probablement » est sincère, et que s'y tenir reste ce qui vous rapproche le plus de l'homme — il est vraiment mort à quelques centaines de mètres d'ici, dans une maison accessible en huit minutes à pied, décrite sur la page du Clos Lucé. L'incertitude ne gâche rien. Elle rend juste l'inscription un peu trop assurée.
Lisez attentivement la plaque. Il y est indiqué que les restes étaient présumés être les siens lorsqu’ils ont été rassemblés — le château n’a jamais réellement revendiqué une certitude. La certitude se trouve dans les guides, pas sur la pierre.
Ce qu'il y a à réserver
Pas le billet d'entrée — celui-ci s'achète à l'accueil du château à votre arrivée. Ce qui est réservable, ce sont les visites guidées et les excursions d'une journée incluant l'entrée à Amboise ainsi que d'autres châteaux de la Loire.
Questions fréquemment posées
Alors, est-il bien là-dedans ou pas ?
Probablement. Les restes proviennent de la bonne église sur le bon site, mais l'identification est un jugement du XIXe siècle, pas un test.
Des tests ADN ont-ils été réalisés ?
Non. Des travaux généalogiques sur sa lignée familiale existent, mais les restes d'Amboise n'ont pas été prélevés.
Vaut-il tout de même la peine de visiter le tombeau ?
Oui. C'est une petite chapelle, calme et véritablement belle, et il est bien mort à cinq cents mètres de là.